Les Sables - Les Açores - Les Sables
5è édition Les Sables - Les Açores

En guise de bilan

Julien Bozzolo (Mariolle.fr) devrait en terminer cette nuit avec son retour vers Les Sables d'Olonne. Une étape qui aura tourné à la punition pour le sociétaire du pôle d'entraînement de La Rochelle puisque, privé de pilote depuis le début de course, il a dû adapter son rythme pour parvenir à dormir de temps en temps. En clôturant cette édition 2014, le jeune navigateur ferme la porte d'une édition particulièrement riche sportivement et humainement.

Deux étapes contrastées, des rebondissements, c'est le scénario idéal pour légitimer la réussite sportive des vainqueurs de cette édition 2014. Giancarlo Pedote (Prysmian) et Jonas Gerckens (Netwerk) ont amplement mérité leur victoire, au vu de la diversité des conditions rencontrées. Il fallait avoir le nez creux sur la première étape, piégeuse à souhait, notamment lors du franchissement de la dorsale quelques jours avant d'arriver sur les Açores. Il fallait avoir un gros cœur et une belle santé pour faire le trou dans une deuxième étape qui a opéré une sélection drastique entre les leaders et les autres : certains ont été trop prudents et n'ont pas su prendre le bon wagon, d'autres ont vu leur fougue vite calmée par la casse. Le podium consacre d'ailleurs aux deuxièmes places, les deux vainqueurs de l'étape retour : Tanguy Le Turquais (Terréal Rêves d'Enfance) en série et Nicolas Boidevezi (ImaginAlsace) en prototype. Deux marins qui ont su naviguer avec intelligence poussant le curseur quand c'était possible et levant le pied dès que les conditions de mer devenaient plus difficiles.20140814sas 1786 20140814 1550668775

Casse : trois causes principales
Au final, le bilan de la casse montre qu'une bonne gestion du matériel ainsi qu'une préparation méticuleuse sont les conditions sine qua non pour prétendre à des places d'honneur. Six concurrents ont été confrontés à des problèmes de pilote suffisamment sérieux pour les contraindre à barrer en permanence ou presque. Trois démâtages, des barres de flèches brisées, des espars fragilisés, ils sont aussi six à avoir dû lever le pied, voire abandonner pour des problèmes de gréement. Comme le soulignait Daniel Zanardelli (Miss Dynamite) arrivé ce matin : « Je ne voulais pas avoir de problème de gréement, j'ai fait le choix de changer tous les câbles du dormant avant de partir. Je ne le regrette pas, même au plus fort du vent, j'étais serein... »
Enfin, sept concurrents ont été confrontés à des problèmes de safran. Exception faite de Patrick Girod (Nescens) qui a visiblement heurté un cétacé, pour les autres ce sont des points de fragilités qu'il faudra rectifier. A noter, que ce sont exclusivement des bateaux de série qui ont été touchés. Navigations sur le fil du rasoir, vitesses élevées, fiabilité des pilotes de plus en plus grande, sont autant de contraintes qui jouent sur une des pièces maitresses du bateau. Plusieurs concurrents se disaient conscients que dans la perspective de futures courses hauturières, il sera nécessaire de gagner en fiabilité dans ce domaine.

Un format de course proche de l'idéal
Deux étapes suffisamment longues pour donner une véritable idée des contraintes de la haute mer, une escale de rêve, des conditions de vent et de mer d'une grande diversité, la possibilité de faire un aller-retour depuis le même port de départ et, donc, de diminuer fortement les frais de gestion du projet : Les Sables – Les Açores – Les Sables commence à s'imposer comme le complément indispensable de la Mini Transat. D'un côté, le mythe de la traversée de l'Atlantique et le plaisir de parvenir de l'autre côté de la mare aux canards, de l'autre une épreuve qui toujours couronné des marins complets. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard, si ceux qui naviguent aux avant-postes durant cette classique des années paires, sont le plus souvent ceux qui briguent les honneurs lors de la Mini Transat qui suit. C'est aussi un marchepied d'excellence pour tous les bizuths de la course au large qui peuvent venir se tester, tant techniquement que psychologiquement. Car, c'est une des spécificités des grandes courses en Mini : outre le fait d'aller vite, de savoir être un manœuvrier d'exception, de lire avec acuité les trajectoires des systèmes météo, il faut aussi de la force mentale. Naviguer seul, coupé du monde extérieur, si ce n'est par le cordon ombilical de la VHF, demande de savoir passer par dessus ses doutes, ses hésitations. Une grande course en Mini, c'est aussi un voyage intérieur. A ce titre, les concurrents des Sables – Les Açores – Les Sables ont pris quelques longueurs d'avance.

PFB