Les Sables - Les Açores - Les Sables
5è édition Les Sables - Les Açores

Un je ne sais quelque chose dans l'air...

Ce n'est pas si fréquent dans une course au large de voir les premiers rester sur place pour accueillir les suivants, prendre une amarre, taper sur l'épaule de l'adversaire d'hier, filer un coup de main ou bien échanger pendant des heures sur la pertinence des choix des uns et des autres. Cette journée du jeudi n'aura pas fait exception à l'état d'esprit qui règne chez les Ministes.

Après l'effort, le réconfort. Ils étaient nombreux cette nuit à accueillir les copains qui débarquaient avec parfois quelques surprises à la clé. Ce fut le cas pour Damien Audrain (EPC – Rêves de Clown) qui se vit fêter, avec un jour de retard il est vrai, son anniversaire. Ce fut l'amitié hispanique reconstituée quand Fidel Turenzio (Satanas), l'Asturien accueillait le Lisboète Antonio Fontes (Leonor). Ce fut encore le cas aujourd'hui quand une escouade de Ministes vint au secours de Yann Claverie (Map Product) pour l'aider à dénouer son spi enroulé autour de son étai.

Un palmarès sans discussion
Dans toute cette petite troupe, malgré les déceptions liées parfois à un résultat en deçà des attentes, nul trace d'amertume à la lecture du palmarès. En proto, l'incontestable supériorité de Giancarlo Pedote (Prysmian) ne souffrait pas de discussion et la victoire flamboyante de Nicolas Boidevezi (ImaginAlsace) dans la deuxième étape a redonné un peu de baume au cœur aux nostalgiques des nez pointus. En série, la victoire de Jonas Gerckens (Netwerk) vient saluer, au delà de sa performance sportive, un marin qui s'est attiré depuis plusieurs années la sympathie de ses pairs, par sa disponibilité et sa gentillesse. La nouvelle génération qui pointe déjà le bout de l'étrave, avec des têtes files comme Tanguy Le Turquais (Terréal Rêves d'Enfance) ou bien encore Patrick Girod (Nescens), sait que les routiers du circuit sont encore capables de leur donner du fil à retordre.

Révélations
Le ponton du Vendée Globe a parfois des allures de Café de la Marine. On y rediscute des options respectives des uns et des autres, on refait la course une nième fois, on se projeté sur l'avenir. Il y a des révélations architecturales comme l'Ofcet ou l'Argo, ces nouveaux bateaux de série au potentiel impressionnant, même si ils ont été menés de main de maître, à l'instar de la performance de Ian Lipinski (Entreprises Innovantes).
D'autres se sont révélés sportivement tout d'abord : le plus bel exemple est celui de François Jambou (Kaïros) que peu d'observateurs auraient placé sur le podium de cette édition 2014. Mais, on ne réalise pas des places de troisième et quatrième sur les deux étapes par hasard. Le garçon a du talent, il est tenace, il faudra sûrement compter sur lui à l'avenir.20140813sas 1036 20140814 1417104008
D'autres découvertes sont parfois plus subtiles : qui aurait dit, deux ans plus tôt que Damien Cloarec (ETF – www.damien-cloarec.fr), frais transfuge d'un circuit Figaro calibré pour les professionnel, deviendrait un des plus évidents garants de l'esprit de convivialité qui règne au sein du circuit Mini ? Après avoir assis sa légitimité sportive, le navigateur de Carantec a été le catalyseur de cette alchimie si particulière qui a régné dans le groupe des coureurs, notamment depuis l'escale d'Horta, contrepoint indispensable de la course. Exigeante sportivement, dense humainement, cette édition 2014 montre en tous cas que la barque des Minis, même si elle ne navigue pas toujours en père peinard, n'est pas prête de ressembler au Radeau de la Méduse.

PFB