Les Sables - Les Açores - Les Sables
5è édition Les Sables - Les Açores

Final à suspense

C'est un adage bien connu des navigateurs. En course, tant que la ligne d'arrivée n'est pas franchie, il ne faut jurer de rien. Hier, la situation paraissait fort compromise pour Jonas Gerckens (Netwerk) qui comptait une centaine de milles de retard sur Tanguy Le Turquais (Terréal Rêves d'Enfance) en bateau de série et risquait de se voir souffler la première place du classement général. Mais une nuit d'orages a redistribué les cartes.20140813sas 0838 20140813 1597566874

8h 07mn 12s, c'était le matelas dont disposait Jonas Gerckens pour contrer le retour de Tanguy Le Turquais après l'élimination prématurée de la course au podium de Damien Audrain (EPC – Rêves de Clown). Hier au soir, les proches du navigateur belge semblaient se faire une raison. Avec près de cent milles de retard, il lui serait difficile de décrocher la timbale. C'était sans compter sur une nuit orageuse au large de la Vendée qui bloquait le leader de l'étape en bateaux de série, pendant que Jonas continuait de cravacher. Bien lui en a pris, puisqu'il ne comptait plus ce matin qu'une soixantaine de milles de retard. De plus, le vent s'orientant nord-ouest assez fort, permettait aux Minis de s'exprimer à plein. C'est à plus de 10 nœuds de moyenne que le navigateur belge a terminé cette étape retour pour s'adjuger sa première grande victoire sur le circuit Mini.

Série : le bal des débutants
Arrivé en fin de matinée, Tanguy Le Turquais ne manifestait aucune amertume. Il a démontré le potentiel de son Argo, réalisé une très jolie performance sur l'étape retour qui lui permet de grimper sur le podium. Il lui a peut-être manqué le coup de pouce de la réussite pour briguer la victoire finale. Il a aussi fallu à Tanguy toute la sagesse nécessaire pour ne pas s'embarquer dans un duel avec Ian Lipinski (Entreprises Innovantes) qui courrait pour la dernière fois en prototype puisque son Ofcet devrait être homologué en 2015 en bateaux de série. Une carène visiblement bien née et un skipper qui n'hésite pas à puiser dans ses réserves ont permis à Ian de réussir le petit exploit de terminer l'étape en troisième position des prototypes après un final homérique bord à bord avec Ludovic Méchin (Microvitae) cinquième et Michele Zambelli (Fontanot), quatrième. Michele conserve, malgré tout, sa place sur le podium au classement général.
Quoi qu'il en soit, le potentiel des nouvelles carènes Argo et Ofcet impressionne et nombre de coureurs s'interrogent déjà sur la stratégie à suivre pour les prochaines années : faire confiance à des carènes éprouvées ou bien tenter l'aventure sur de nouveaux modèles.

Proto : les vertus de l'innocence
Ils sont maintenant six prototypes à être amarrés au ponton du Vendée Globe. Après les performances de Nico Boidevezi (ImaginAlsace) et Giancarlo Pedote (Prysmian), Michele Zambelli (Fontanot), Ludovic Méchin (Microvitae) et Fidel Turenzio (Satanas) ont découvert la navigation sur un prototype performant. Pour Michele comme pour Ludo, hériter des bateaux respectivement vainqueurs de la dernière édition des sables – Les Açores et de la Mini Transat aurait pu se révéler lourd à porter. Ils l'ont assumé crânement, même si les deux disent qu'ils ont encore beaucoup à apprendre pour tirer la quintessence de leur machine. Il reste encore un an avant la prochaine Mini Transat...

PFB