Les Sables - Les Açores - Les Sables
5è édition Les Sables - Les Açores

Coup de chaud hier dans la communauté des solitaires des Sables – Les Açore

Au vu des fichiers météo du matin, la dépression tropicale Bertha semblait se diriger droit vers le golfe de Gascogne générant des vents supérieurs à 40 nœuds. Heureusement, au vu des dernières données, le phénomène semble vouloir s'évacuer vers le nord, pour laisser place à une course de vitesse entre l'archipel portugais et le port vendéen. Les records de 2010 seront-ils battus ?

En 2010, Bertrand Delesne, deuxième de la première étape, avalait les 1250 milles entre Horta et Les Sables d'Olonne en 5 jours et demi. Par la même occasion, il établissait un nouveau record de distance parcourue en 24 heures avec 305 milles au compteur. Dans son sillage, Xavier Macaire établissait lui aussi une nouvelle distance de référence en bateau de série, en parcourant 272 milles. Les concurrents de l'édition 2014 parviendront-ils à faire mieux ? C'est en tout état de cause, un défi que plusieurs ont envie de relever... même si la barre reste très haute.20140804sas 9578 20140804 1911520023

Bertha la menace...
Mais ce qui préoccupe avant tout les coureurs, c'est le comportement de la tempête tropicale Bertha qui selon les prévisions des météorologues américains pourrait avoir une trajectoire très sud et balayer les abords du golfe de Gascogne. Mais les dernières données laissent à penser qu'elle devrait s'évacuer vers l'Irlande et l'Ecosse avant de toucher nos côtes. Ne resterait plus qu'un flux de sud-ouest à nord-ouest de 25 à 30 nœuds en moyenne. De quoi, faire de la vitesse non stop sur l'ensemble du parcours.

Gare à la casse
Dans ces conditions, il sera difficile aux poursuivants des leaders de faire la différence sur la stratégie. Le retour vers les Sables d'Olonne risque de s'apparenter à une course de vitesse pure où il faudra savoir porter la toile du temps, maintenir une cadence élevée tout en trouvant des temps de repos et en limitant la casse. Quand il avait gagné en 2010, Bertrand Delesne n'avait jamais affolé les compteurs en vitesse pure, tablant à l'inverse sur des vitesses moyennes élevées. L'exercice relève du grand art et témoigne d'un sens marin d'exception. Car la casse peut jouer les trouble-fêtes sur le classement de l'étape et peut-être le général.

Le bouclier du fatalisme
Côté concurrents, on est partagé. Cette étape peut offrir des moments d'extase puissants, quand le bateau déboule à pleine vitesse dans les surfs sur le dos des vagues. Mais elle peut s'avérer exigeante, voire traumatisante au delà d'une certaine limite de vent, mais surtout d'état de la mer. S'alimenter correctement, arriver à dormir sous pilote quand le Mini déboule à près de 15 nœuds, garder de la lucidité seront les clés de la réussite de cette deuxième étape. Tous le savent : faute de pouvoir infléchir les éléments, tous acceptent de faire contre mauvaise fortune, bon cœur. Alors on vérifie le tourmentin, les systèmes de prise de ris, on réfléchit à la répartition des poids à bord, on range cirés, combinaison sèche et harnais à portée de main. Entre une première manche où la stratégie s'est révélée prépondérante et cette étape retour qui devrait consacrer des navigateurs durs au mal qui font le métier, les vainqueurs futurs de cette édition 2014 pourront revendiquer d'être véritablement des marins complets.

PFB