Les Sables - Les Açores - Les Sables
5è édition Les Sables - Les Açores

Sur la route des Ministes, le DST (Dispositif de Séparation de Trafic) du cap Finisterre.

Dans cette zone les cargos faisant la navette entre l'Europe du Nord et l'Afrique ou la Méditerranée, doivent respecter les deux rails, montant et descendant. Pour les coureurs en solitaire, la règle est simple : interdiction absolue de traverser le dispositif, voire même d'y pointer le bout de son étrave. Il faut donc accepter de contourner cet obstacle d'une trentaine de milles de long par le nord ou par le sud.

Le passage du DST devrait donner lieu aux premières divergences d'appréciation sur la stratégie à venir. Pour l'heure, les concurrents peuvent encore se fier aux routages que les spécialistes leur ont préparés à terre, mais dans les jours à venir, il faudra faire confiance à son sens de l'anticipation, s'en remettre au bulletin météo de l'organisation, à la lecture des nuages, du baromètre... la situation à venir est particulièrement complexe : pour preuve, quatre routages différents - deux à partir des prévisons d'hier et d'aujourd'hui et, dans chaque cas de figure en fonction des données respectives des prévisionnistes des USA et de l'Europe - donnent quatre scenarii parfois diamétralement opposés. Entre les deux hypothèses les plus extrêmes, on observe un décalage nord-sud de près de 400 milles : c'est dire si le jeu reste ouvert. Heureusement pour eux, les solitaires des Sables – Les Açores – Les Sables n'ont pas accès à ces données, ce qui leur évitera quelques migraines.

IMAGE POUR DENIS

L'orthodromie par défaut
En Mini, les bateaux ne sont pas suffisamment rapides pour jouer avec les systèmes météo. Quand, de surcroit, on ne dispose que d'informations parcellaires, la bonne solution est souvent de jouer la sécurité en tentant de se rapprocher au plus de la route directe. C'est ce que semblent faire Giancarlo Pedote (Prysmian) et Davy Beaudart (Cultisol) toujours au coude à coude, même si, pour la première fois depuis le départ, le navigateur italien a réussi à prendre plus de cinq milles à son adversaire.
Pour Nicolas Boidevezi (ImaginAlsace), comme Fidel Turienzo (Satanas), la tentation est forte de sortir des sentiers battus. Ils savent que leurs bateaux sont intrinsèquement moins rapides que les deux leaders. Oser une option radicale peut être le moyen de créer la surprise. Cela avait plutôt réussi à Nicolas en 2012, puisque sur une route très décalée au nord, il avait empoché l'étape retour de Horta jusqu'aux Sables d'Olonne.

Série : la guerre des quinquas
Ils sont quatre, en bateau de série, à avoir dépassé la cinquantaine. Christophe Fialon (Oryx), Hervé Aubry (Voilerie HSD), Daniel Zanardelli (Miss Dynamite) et François Denis (So-boat.com). Aux Sables d'Olonne, les quatre compères imaginaient déjà une course dans la course. Pour l'heure, c'est François Denis, 10e au classement général, qui tient la dragée haute à ses congénères. Une belle revanche pour ce navigateur, graphiste de métier, qui avait dû abandonner après trois jours de course en 2012, en panne de pilote automatique. Mais cette fois-ci, le skipper nantais compte bien aller au bout de l'aventure.
En tête de course, Damien Cloarec (ETF – www.damiencloarec.fr) a dû, pour la première fois, céder sa place de leader à Tanguy Le Turquais (Terréal – Rêve d'Enfance). Les conditions plutôt toniques de ces dernières heures ont contribué à creuser les écarts. Daniel Zanardelli et Lizzy Foreman (Hudson Wight) pointent maintenant à plus de 50 milles des leaders.

Ian Lipinski à Gijon
Escale forcée pour le skippeur d'Entreprises Innovantes. Après quelques heures de course, Ian Lipinski constatait que la barre se désolidarisait de son support de liaison avec les safrans. Après être entré en contact avec le chantier, Ian a entamé les réparations, tandis qu'Etienne Bertrand, l'architecte du bateau faisait route immédiatement vers le port asturien. Le skipper de l'Ofcet espère repartir dès la nuit prochaine. Pour Ian comme pour le chantier, Les Sables – Les Açores – Les Sables répond à un double objectif : engranger des milles pour valider les améliorations à venir et homologuer au plus vite le bateau comme bateau de série. Pour cela l'Ofcet devra avoir parcouru plus de 2000 milles en course. Il a en déjà 800 à son actif. Même si le complément de qualification pourrait se faire en 2015, il est évident qu'obtenir l'homologation de bateau de série au plus vite ne peut qu'être un plus pour sa commercialisation future. C'est aussi la face ingrate du rôle de pilote d'essai : savoir pousser la machine pour en déceler les défauts de jeunesse, tout en la préservant. Autant dire, la quadrature du cercle.

PFB